






On commence par un ciel bleu.
Pas un bleu criard, pas un bleu parfait — un bleu respirable.
Un bleu qui laisse passer la lumière sans écraser,
qui tient au-dessus du monde comme une promesse tranquille, une première couche de calme.
On posera des nuages à ras le sol. On pourra les caresser et s'y reposer.
On piquera plein de soleils de tous les côtés du ciel pour chauffer même quand il neige.
Les habitants de la planète seront tous poilus comme des peluches, et les câlins seront en tendresse et en musique.
La musique remplacera la pluie, et la pluie se déroulera poliment quand on ouvrira les robinets.
Sur cette planète-là, on n’emprunte pas des chemins raides… on les adoucit ou on les contourne.
On y plantera :
• des sentiers qui serpentent sans presser, avec des bancs tous les dix pas,
• des pentes qui deviennent des toboggans soyeux, où l’on glisse en hurlant de plaisir,
• des raccourcis secrets,
• des panneaux qui disent : “Ici, on a le droit de ralentir”,
• des épouvantails recyclés qui projettent du chewing-gum au goût de framboise neigeuse,
• des pinces à linge sauteuses qui finissent par rire avant de tomber,
• des autocrates ridicules qu'il faudra fuir et enfermer dans des cirques. On essaiera de les reconvertir en clowns.
Un petit coup de blues ?
Hop, un plongeon dans un nuage bulleux, et on en ressort en pleine forme.
La salle de brocante pensante, indispensable !
On y entasse :
⇒ des cartons ouverts qui débordent,
• des boîtes de conserve rouillées (qui racontent des histoires),
• une bottine sans lacets (qui a beaucoup marché, mais on ne sait où),
• de la ficelle sauvage (toujours utile, toujours indisciplinée),
• une robe de chambre de bébé (mystère total, donc précieuse),
(Rien n’est inutile tant qu’on ne sait pas encore à quoi ça peut servir.)
Fonction de la pièce :
• réfléchir sans obligation de conclusion,
• détourner les objets,
• inventer des usages improbables,
• laisser venir les idées comme elles veulent.
On peut faire :
• une machine à réparer les choses cassées (y compris invisibles),
• un piège à pensées envahissantes (elles s’accrochent dans la ficelle sauvage),
• un costume d’épouvantail recyclé amélioré,
• Une machine qui ne sert à rien mais qui ne le sait pas encore,
• Un moulin à café qui fait aussi oreiller de promenade,
• Une plume de tigre,
• une fermeture éclair pour ouvrir le ciel.
Et sur une étagère, une étiquette :
“Ici, l’inutile travaille en secret.”