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bouton   Texte proposé par monique szczebara

C'était l'été, il faisait nuit et j'étais seule. Bien sûr, cela m'arrivait souvent depuis qu'il était parti, mais ce soir-là je ne me sentais pas tranquille. En fait je n'arrivais pas à définir pourquoi, le vent peut-être ou bien ce coup de téléphone.
J'étais assise au salon en train de regarder une série idiote à la télé quand ça a sonné. Je me suis levée pour répondre mais quand j'ai décroché, rien. J'ai pensé qu'il s'agissait d'une erreur. Comme j'étais debout, j'en ai profité pour aller me chercher un verre d'eau à la cuisine.
J'ai toujours soif quand il y a du vent.
J'étais à peine arrivée à la cuisine que ça a sonné de nouveau. J'ai répondu de la cuisine. Cette fois, une voix à peine audible a dit : "ne quittez pas on vous passe votre correspondant".
J'ai attendu mais rien. Alors j'ai raccroché et depuis je sursaute au moindre bruit... (auteur)
Je décidais d'aller me coucher. J'étais en train de me brosser les dents lorsque la sonnerie du téléphone retentit à nouveau. Tout comme précédemment, une voix tamisée me dit de rester en ligne et, deux ou trois minutes après, on raccrocha...
"Quelqu'un me fait une farce !" ai-je pensé, sans avoir trop envie de rire. Le vent soufflait en rafales à présent et faisait claquer les volets en soulevant les rideaux. (auteur)
Bien sûr, c'était une farce. Je décidai donc d'aller me coucher comme si de rien n'était. (auteur)
C'est en passant devant la fenêtre de ma chambre que je remarquai la personne dans la cabine téléphonique située juste en face de chez moi. Je n'arrivais pas à voir si c'était un homme ou une femme. Il ou elle était en train de composer un numéro et avait posé l'écouteur sur son oreille. La sonnerie du téléphone me fit sursauter et mon coeur battit la chamade. Impossible pour moi de bouger, j'avais l'impression d'être clouée sur mon parquet, je ne pouvais que regarder la cabine téléphonique. Il ou elle raccrocha le combiné et, aussitôt, la sonnerie s'arrêta.
Qui était-ce ? L'ombre ne quittait pas la cabine. Si je m'habillais en vitesse, je pourrais descendre les deux étages assez rapidement. Mais si il ou elle quittait la cabine pendant ce temps-là ?
Il fallait que je reste là, à regarder une ombre qui, à nouveau, décrocha le téléphone. (auteur)
Je décidais d'aller me coucher comme si de rien n'était.
Mais une image me vint à l'esprit, puis une autre... C'est toujours comme ça quand je commence à angoisser. Des images défilent dans ma tête, toutes plus stressantes les unes que les autres ; une lutte, du sang, un fossé, un corps. Mon corps. À ce stade de panique plus question de me coucher, mon imagination prend le dessus sur ma raison et une seule idée me martèle l'esprit : me mettre à l'abri. Rejoindre ma chambre et m'y enfermer. Mais une fois cloitrée dans 10m², ne laisserais-je pas à l'inconnu le moyen de se cacher dans le salon et de m'attendre patiemment, une lame scintillante à la main ?
Non, pas question de prendre ce risque. D'autant plus que Carol et Patrick, les voisins du dessus, sont partis en week-end, que Mme Gringet, la mamie du dessous, est sourde, et que, cette fois, Richard ne reviendra pas. Personne pour entendre mes cris de terreur et me porter secours. Et qui appeler ? Police secours ? Pour qu'ils me prennent pour une folle ! Mes amis ? C'étaient ceux de Richard, et, depuis notre rupture, aucun d'eux n'avait pris la peine de prendre de mes nouvelles.
C'était dingue, je n'allais tout de même pas céder à la panique si facilement. Il fallait que je me reprenne. Oui, j'irai me coucher, et non, je ne me laisserai plus polluer l'esprit par un éventuel pervers au téléphone ! Et puis, qui parlait de pervers ? Ces appels étaient peut-être une fâcheuse coïncidence. J'entrais dans ma chambre et (auteur) je jetais un dernier coup d'oeil furtif sur la rue. Personne à l'horizon, juste le chat noir de la bouchère qui se délectait d'une poubelle renversée par le vent. Alors que je tournais les talons, j'aperçus une silhouette frôlant le mur de l'immeuble où était plantée la cabine. Un homme ! Cette fois, pas de doute, c'était bien un homme. De corpulence moyenne, lunettes noires aux verres arrondis, pointes de cheveux dépassant d'un Panama et vêtu d'un imper beige dégueu. Les chaussures ? Pas eu le temps de les voir, juste blanches. Qui, de ma connaissance, s'accoutrerait comme cela, un jour de tempête ?
À part Johnny Depp, je ne vois pas ! Et puis qu'est-ce que JD viendrait faire au fin fond de ce trou ? Même moi je me demandais pourquoi rester dans ce bled. Alors lui ! Et si c'était lui, que me voudrait-il ? J'étais à l'antipode de sa Vanessa ; ronde à forte poitrine, 1m60 à tout casser pour 56 kilos bien mérités depuis que je m'étais fait plaquer, aucun don pour la musique bien que j'adore chanter (là ça nous faisait un point commun), et fauchée comme les blés !
J'abandonnais vite cette piste, la larme à l'oeil, quand un détail me revint à l'esprit. Comment, d'une cabine téléphonique, peut-on mettre en attente un appel ? À part en PCV, et je ne sais pas si cela existe toujours, ou encore dans le sketch du 22 à Asnières de Fernand Raynaud. Quelque chose clochait depuis le début et je m'étais laisser prendre au piège. Qui pensait pouvoir me faire perdre la tête avec ce petit jeu ? Au siècle des portables, qui viendrait un soir de déluge, juste au pied de mon immeuble, dans une cabine à carte pour me harceler ? Et pourquoi ? (auteur)

Remarques :

bouton  Bravo aux participants : vous réussissez très bien à maintenir le suspens...
bouton  On peut introduire un passage entre deux autres déjà écrits...

Améliorer le texte :

bouton  Lire le texte déjà écrit et le respecter avant de continuer...
bouton  Chaque auteur peut corriger ultérieurement son propre texte ou suggérer une autre version à l'un des participants.
Participants : monique szczebara, Naïma, Béatrice, Elorac
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